Jeudi 21 septembre 2006
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NIMES (AFP) - Le matador français Juan Bautista et le jeune torero espagnol Alejandro Talavante ont signé, dimanche en matinée, deux importants succès lors de la journée de clôture de la feria des Vendanges à Nîmes, en coupant respectivement deux oreilles et une oreille.
Cette corrida, où le bétail de Victoriano del Rio, juste de force parfois, a donné dans l'ensemble un excellent jeu (le troisième a été honoré d'un tour de piste posthume), a permis à chacun des maestros engagés de faire étalage de sa personnalité.
Avec Alejandro Talavante (qui a reçu à cette occasion sa confirmation d'alternative), le public a d'entrée été séduit par l'immobilité, la vaillance, la verticalité et le calme du jeune promu. En deux combats, avec douceur et lenteur, il a dessiné des séries profondes et sereines, et son succès aurait été d'avantage spectaculaire si l'épée était venue appuyer la valeur de la prestation.
Avec Enrique Ponce, Nîmes a retrouvé l'un de ses matadors de prédilection. Gêné par quelques subites rafales de vent, le Valencian, sans pouvoir récolter un triomphe total, a cependant régalé les aficionados de deux faenas souples et dominatrices, confirmant la maîtrise et la technique du maestro.
Mais c'est Juan Bautista qui, à la mi-journée, a véritablement donné d'éclatantes couleurs à ce rendez-vous. Devant son premier adversaire surtout, l'Arlésien, avec aisance et intelligence, onctuosité et finesse, a démontré sa belle maturité, son style et son niveau actuel, embarquant le toro à la muleta dans des séquences de belle envergure et magnifiquement liées.
Arènes de Nîmes: corrida matinale de la journée de clôture de la feria des Vendanges.
Alejandro Talavante: une oreille et deux avis avec saluts.
Enrique Ponce: un avis avec saluts et un avis avec saluts.
Juan Bautista: deux oreilles et saluts.
Bétail: lot de toros de l'élevage de Victoriano del Rio, donnant dans l'ensemble un bon jeu.
Temps: ciel dégagé puis traversé de nuages.
Entrée: 10.000 spectateurs.
Comment l'AFP peut-elle encore trouver autant d'éloquence pour parler de ces manifestations barbares ?
Je sais qu'on va me taxer d'inculte, d'ignare, mais comment un être humain normalement constitué peut-il se réjouir, au 21ème siècle, d'un spectacle à la gloire d'une marionnette, au dépens d'un animal qui n'a rien demandé à personne.
La tradition ? Mais oui, bien sûr, par tradition, certains peuples pratiquent encore l'excision, par tradition, certains hommes battent encore leur femme, par tradition, certains pays pratiquent encore l'esclavage, la torture, la peine de mort.
Par tradition, nos grands-parents commençaient à travailler à l'âge de 12 ans, par tradition, leurs épouses n'avaient pas d'activité professionnelle, si ce n'est les travaux pénibles des champs, par tradition elles n'avaient pas le droit de vote.
Qu'un individu s'avise de maltraiter son chien dans la rue en le frappant jusqu'au sang, il se fera embarquer manu militari, et ce n'est que justice.
Pendant ce temps, ces guignols s'enorgueillissent de brutaliser sauvagement des taureaux dans l'arène, sous les applaudissements frénétiques de spectateurs assoiffés de sang, qui se croient revenus au temps des jeux de Rome.
C'est cela la civilisation ?
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